L’arthrose du genou est une maladie due à une usure précoce du cartilage.
Le cartilage est un tissu vivant qui se renouvelle environ tous les 3 mois. Les cellules qui composent le cartilage sont appelées chondrocytes, cellules très spécifiques de forme arrondie, réparties dans toute la matrice du cartilage. La matrice a la capacité de retenir ou de libérer des molécules d’eau sous l’effet de la pression (par exemple lors de la marche), expliquant ainsi l’élasticité du cartilage.
L'arthrose du genou est une chondropathie (chondro= cartilage, pathie=maladie) des surfaces articulaires du genou. Les conséquences de voisinage sont multiples :


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On distingue dans une articulation normale :
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Des lésions apparaissent, situées à plusieurs niveaux :
Le cartilage est un tissu vivant, ses capacités de remodelage peuvent donc suffire pour faire cicatriser des lésions débutantes, notamment chez les personnes jeunes. Néanmoins, à partir d'un certain âge, la maladie évolue vers une perte de plus en plus importante de la quantité de cartilage. |
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Le cartilage étant un tissu vivant, ses capacités de remodelage peuvent suffire pour faire cicatriser des lésions débutantes, notamment chez les sujets jeunes. Néanmoins, à partir d'une certaine étendue (en surface et/ou en profondeur), et surtout à partir d'un certain âge, la maladie va évoluer vers une perte de plus en plus importante du stock cartilagineux, selon trois profils différents :
Dans les formes avancées, on assiste à une disparition complète de ce cartilage : dans ce cas, le contact articulaire se fait os contre os, responsable d'une impotence fonctionnelle généralement sévère.

On retrouve certains facteurs favorisants comme l'hérédité (une augmentation d’1 point de l’Indice de Masse Corporelle - IMC - entraîne une majoration de 15% de survenue de l’arthrose), l'obésité, le sexe féminin (2% des hommes pour 6% des femmes à partir de 60 ans), le surmenage sportif ou une anomalie des axes entre le fémur et le tibia (genu varum ou genu valgum) ou entre le fémur et la rotule (dysplasie fémoro-patellaire).


Est régulièrement source de dégradation cartilagineuse les séquelles de fractures touchant le genou (intéressant le fémur, le tibia ou la rotule, surtout si celles-ci se situent en zone articulaire donc cartilagineuse), l'instabilité chronique du genou (la plupart du temps par rupture du ligament croisé antérieur) ou l'ablation d'un ménisque (principal amortisseur du genou).

D'autres causes plus rares existent : atteinte de la membrane synoviale (tapissant l'articulation) par un processus infectieux (séquelles d'arthrite septique), inflammatoire (maladies inflammatoires chroniques comme la polyarthrite rhumatoïde), micro-cristallin (dépôts de cristaux comme dans la goutte ou surtout la chondrocalcinose articulaire), vasculaire (ostéochondrite de l'enfance, ostéonécrose chez l'adulte), métabolique (hémophilie, hémochromatose, maladie de Wilson).
Oui, en fonction du profil évolutif de l'usure (lente, rapide ou marquée par des phases brutales de chondrolyse) et surtout en fonction de la localisation de l'atteinte :
Oui, et pour deux raisons :
1. D'abord parce qu'elles n'évoluent pas toutes de la même manière dans le temps
2. Parce que les symptômes et le retentissement fonctionnel seront souvent différents en fonction de la localisation de la dégradation cartilagineuse. Ainsi :
La douleur : c'est le premier symptôme au cours de l'arthrose du genou. D'abord lointaine, en fin de journée, après des efforts articulaires, elle peut devenir permanente, résistante au traitement médical et avoir un retentissement sur le périmètre de marche. Son siège est variable en fonction de la localisation de l'atteinte.
L'épanchement : non systématique, il fait enfler le genou au dessus de la rotule ou parfois derrière dans le creux poplité. Il s'explique par la réaction de la membrane synoviale aux débris cartilagineux, afin de les éliminer sous forme de petites molécules dans les urines via la circulation sanguine. Il se compose d'un liquide visqueux et jaunâtre, aseptique, qui va créer une hyperpression et accentuer les douleurs.
La déformation : présente uniquement dans les arthroses évoluées, la déformation du membre inférieur est le troisième symptôme de la gonarthrose et correspond au début à l'usure cartilagineuse (en varus ou en valgus) puis tardivement à la faillite ligamentaire due à cette déformation.
Elle est souvent spectaculaire dans le plan frontal : genu varum (attitude Lucky luke) ou genu valgum (attitude Bécassine) parfois impressionnant.
En fait, elle est surtout invalidante dans le plan sagittal (raideur en flexion ou flessum).
L'instabilité : La fin de parcours de l'arthrose du genou ! Consécutive à l'usure et à la déformation du membre inférieur, cette instabilité peut progressivement empêcher le patient de marcher normalement et l'obliger à utiliser des cannes.
Bien évidemment ! Et malheureusement on ne parle que de ce fameux ménisque que l'on trouvera malade sur 100 % des IRM au cours de la gonarthrose.
Il faut néanmoins savoir que ces images ne sont que la conséquence de l'arthrose du genou et non pas la cause des douleurs : chez le sujet jeune, le ménisque peut être responsable de la symptomatologie s'il est abîmé à la faveur d'un événement traumatique (grande flexion ou accroupissement malheureux). Chez l'adulte plus mur, la lésion méniscale (appelée dégénérative), n'est que " l'épiphénomène " de la gonarthrose. La plupart du temps, les lésions du ménisque arthrosique sont stables, sans fragment mobile et ne sont pas responsables des symptomes. Très rarement, une languette peut se détacher, rentrer en conflit avec les condyles fémoraux, entraînant alors des accrochages voire des blocages (soulagés par une régularisation sous arthroscopie).
Raison pour laquelle les "lavages" ou les "arthroscopies" sont rarement efficaces à long terme dans le traitement de l'arthrose du genou. Elles peuvent même être délétères : le ménisque ne doit plus être enlevé comme il y a quelques dizaines d’années : il faut préserver le capital méniscal !
L'examen clinique reste indispensable afin de quantifier l'usure, de déterminer ses conséquences mais aussi de dépister des problèmes de hanche ou de rachis qui parfois peuvent se présenter par des douleurs de genou.
Le bilan radiographique permet de confirmer le diagnostic, de simples clichés de face et de profil permettant de choisir une option thérapeutique.

IRM et Scanner sont la plupart du temps superflus et les informations qu'ils délivrent sont moins pertinentes pour le chirurgien que des clichés en appui couplé à une mesure des axes du squelette des membres inférieurs (goniométrie ou "grands axes").
